Le départ. On s'extirpe du village de Calenzana à 5h30 du matin parce qu'à 9h on cuit. Première montée raide, première engueulade entre Sarah et son sac qui pèse 18 kg dont 4 kg de produits Yves Rocher.
Crête de Bocca Piccaia, pierriers, vue sur Calvi qu'on jure ne plus jamais quitter. Descente sur Carrozzu en marteaux-piqueurs des genoux. Le genou de Jeremy émet son premier signal acoustique.
Échelles métalliques, cordes fixes, passages câblés. La main qui sert à manger sert maintenant à pas mourir. Très chouette.
L'étape mythique. Variante Pointe des Éboulis (le Cirque de la Solitude est officiellement fermé depuis 2015). Pierriers, ascension du Monte Cinto si on est en forme, ce qu'on ne sera pas. Étape n°6 d'Enzo en 2024 — celle où tout s'est arrêté.
Étape "récupération" — relativement plate, forêt de Valdu Niellu, hêtres centenaires. Castel di Vergio = vraie douche, vraie bière, vrai matelas.
Lac de Nino (paraît-il magnifique), pozzines (les flaques cosy de la haute Corse), vaches en liberté qui regardent passer les souffrants. Étape longue mais "facile" — guillemets nécessaires.
Brèche de Capitellu, lacs de Capitellu et Melu, panorama 360° qui répare provisoirement les cœurs. Une des plus belles étapes du parcours.
Variante de la crête fortement recommandée (vues > vallée). On la prend, on regrette pendant 40 minutes, on adore après.
Descente longue dans la forêt vers Vizzavona. C'est ici qu'on coupe l'aventure en deux : GR20 Nord (terminé) — GR20 Sud (commence). Possibilité d'abandon honorable via la gare SNCF de Vizzavona pour rejoindre Bastia ou Ajaccio.
On repart sur le GR20 Sud, plus doux dit-on, mensonge dit-on aussi. Bergerie d'E Capannelle = charcuterie corse, fromage de brebis, pulenta. Soirée fondatrice.
Crête à n'en plus finir, récompense avec le lever ou coucher de soleil sur Prati. Le refuge est posé sur une crête, vue mer + montagne, on oublie un instant qu'on a mal partout.
L'arête a Monaca : passages aériens, mains dans la roche, on enjambe le vide. Spectaculaire, intimidant, parfois flippant. Pas de variante.
Variante par le Plateau du Coscione, douce et bucolique, vaches en liberté, chevaux qui regardent passer les humains malheureux. Long mais agréable, à condition d'avoir de l'eau.
Aiguilles de Bavella, l'une des plus belles cartes postales de Corse. Variante alpine pour ceux qui ont encore des jambes (personne) ou variante normale pour les autres (tout le monde).
Le bout. Descente vers Conca, maquis, eucalyptus, premières voitures, premières vraies routes. Le Bar Le Soleil de Conca attend à l'arrivée, bières, paninis, larmes possibles.